Finances européennes

Et l'argent ?

L'Union européenne dispose d'un budget équivalent à celui d'un État moyen — alors qu'elle représente 450 millions de citoyens. Ce n'est pas un manque de richesse. C'est un manque de volonté de la collecter.

~350 Mds€
échappent chaque année aux fiscs européens via l'évasion des multinationales et des grandes fortunes
~300 Mds€
de subventions aux énergies fossiles chaque année en Europe, directes et indirectes (FMI)
1,07%
du PIB européen seulement pour le budget de l'UE — moins que le budget de la Belgique rapporté à sa population
L'argent qui s'évapore

Ce qui est dû
ne rentre pas.

Avant de parler de nouvelles ressources, il faut mesurer ce qui disparaît. Ces chiffres ne sont pas des estimations militantes — ils proviennent de la Commission européenne, du FMI, de l'OCDE et de l'Observatoire européen de la fiscalité.

200 Mds€/an
Évasion fiscale des multinationales
Les multinationales déplacent leurs bénéfices vers des juridictions à fiscalité nulle ou quasi nulle. Le taux minimum de 15% adopté par l'OCDE en 2021 est entré en vigueur dans l'UE en 2024 — mais les niches qui ramènent le taux effectif à 1-3% restent ouvertes.
Source : Observatoire européen de la fiscalité (EU Tax Observatory), 2024
150 Mds€/an
Évasion des grandes fortunes
Les patrimoines des ménages les plus riches échappent en grande partie aux fiscs européens via des structures offshore, des trusts et des résidences fiscales choisies. La proposition Zucman — contribution minimale de 2% sur les fortunes nettes supérieures à 1 milliard d'euros — rapporterait 200 à 250 Mds€/an au niveau mondial. La part européenne est estimée à 50-100 Mds€/an selon l'EU Tax Observatory. Adoptée en résolution par le G20 en 2024.
Source : EU Tax Observatory ; proposition Zucman/G20, 2024
~50 Mds€/an directs
Subventions aux énergies fossiles
Le FMI estime les subventions implicites et explicites aux fossiles à ~300 Mds€/an en Europe — mais ce chiffre inclut les externalités non tarifées (pollution, climat). Les subventions directes récupérables sont estimées à environ 50 milliards d'euros par an. C'est ce montant qui est immédiatement actionnable. L'ETS2 (bâtiments et transport routier) entre en vigueur en 2027-2028.
Source : FMI, rapport fiscal mondial 2023 ; Commission européenne
~27 Mds€/an
Exemption de taxe sur le kérosène
Le carburant des vols commerciaux n'est soumis à aucune taxe en vertu de la Convention de Chicago (1944). Pour les seuls vols intra-européens, Transport & Environment estime la subvention implicite à environ 27 milliards d'euros par an. En incluant l'ensemble de l'aviation commerciale au départ d'Europe, le chiffre monte jusqu'à 35 milliards. La révision de la directive sur la taxation de l'énergie, en cours à Bruxelles, ouvre la voie à une harmonisation progressive.
Source : Transport & Environment (T&E), 2023 ; Commission européenne
Évasion fiscale identifiée (multinationales + grandes fortunes)
Source : EU Tax Observatory 2024 — chiffres directs, non extrapolés
~350 Mds€/an
Subventions directes aux fossiles + exemption kérosène
Subventions directes récupérables. Les 300 Mds€ FMI incluent des externalités implicites non directement mobilisables.
~77 Mds€/an
De nouvelles ressources

6 pistes documentées,
sans taxer le travail.

Ces six mécanismes sont documentés, chiffrés et disposent chacun d'un précédent national ou d'un cadre européen déjà existant. Ensemble, ils peuvent dégager entre 100 et 175 milliards d'euros de ressources nouvelles par an au niveau européen.

01
Impôt minimal effectif sur les multinationales
+50–80 Mds€/an
Le taux minimum de 15% OCDE est en vigueur dans l'UE depuis 2024. Le problème : les niches maintiennent le taux effectif réel à 1-3% pour les plus grandes structures. Fermer ces niches et imposer une assiette commune harmonisée (ACCIS) permettrait de récupérer l'essentiel des 200 milliards évadés.
Cadre OCDE existant Résistance IE/LU/NL Unanimité fiscale
02
Contribution minimale sur les grandes fortunes
+50–80 Mds€/an
La proposition Zucman, adoptée en résolution par le G20 en 2024 : une contribution minimale de 2% sur les patrimoines nets supérieurs à 1 milliard d'euros. À l'échelle EU, le rendement est estimé entre 200 et 250 milliards d'euros par an. Une mise en oeuvre coordonnée entre États membres suffit à éviter les stratégies d'évitement.
Résolution G20 2024 Mobilité des fortunes Coordination EU
03
Taxe sur les services numériques (DST GAFAM)
+15–25 Mds€/an
Une taxe harmonisée à l'échelle EU de 3% sur le chiffre d'affaires des plateformes numériques supérieur à 750 millions d'euros. La France l'a mise en place unilatéralement depuis 2019. Une DST européenne est beaucoup plus difficile à contourner qu'une DST nationale et évite les guerres commerciales bilatérales.
Précédent France 2019 Pression USA Pilier 1 EPCD
04
Taxe sur les transactions financières (TTF)
+15–22 Mds€/an
Un taux de 0,1% sur les actions et 0,01% sur les produits dérivés. La Commission européenne estimait le potentiel à 22 milliards d'euros par an pour 10 États membres. La France et la Belgique disposent déjà d'une taxe boursière. Une harmonisation européenne est sur la table depuis 2013 — bloquée par les mêmes États que la fiscalité des multinationales.
Précédent BE/FR Commission 2013 Résistance financière
05
CBAM élargi — taxe carbone aux frontières
+5–14 Mds€/an
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) est entré en vigueur en 2023 sur l'acier, le ciment, l'aluminium, les engrais et l'électricité. Son extension progressive aux produits manufacturés et aux biens de consommation génèrerait entre 5 et 14 milliards d'euros par an, tout en protégeant l'industrie européenne de la concurrence déloyale.
CBAM en vigueur 2023 Compatible OMC Extension 2026+
06
PAC conditionnelle et plafonnée
+10–15 Mds€/an réorientés
La Politique agricole commune représente 387 milliards d'euros sur 2023-2027 (54 Mds€/an). Une part significative va à de grandes exploitations industrielles sans critères environnementaux stricts. Plafonner les aides à 100 000 euros par exploitation et conditionner 100% des aides à des critères agro-écologiques mesurables réoriente 10 à 15 milliards vers la transition agricole.
Révision PAC 2027 Résistance lobby agricole Verdissement réel
Potentiel total de ressources nouvelles — niveau européen
Sans augmenter les impôts sur le travail des ménages
100–175 Mds€/an
Investir ensemble

La dette qui crée
de la richesse.

Toute dette n'est pas égale. La dette qui finance une autoroute, une école ou une infrastructure technologique génère un retour économique mesurable sur 20 à 30 ans. L'Europe a prouvé avec NextGenerationEU qu'elle sait emprunter ensemble. L'EPCD propose de le faire en permanence, sur les bons sujets.

Euro-Tech Bonds
Obligations européennes pour la souveraineté technologique
Sur le modèle de NextGenerationEU (800 milliards d'euros sur 5 ans), l'EPCD propose des obligations communes permanentes fléchées sur les 5 couches de souveraineté technologique : cloud souverain, semi-conducteurs, IA ouverte, open source, formation STEM. Une dette mutualisée est moins coûteuse pour chaque État membre — et productive si investie dans des actifs stratégiques durables.
0,5% → 5% PIB
FIC — Fonds d'Investissement Continental
L'investissement public européen en souveraineté technologique monte progressivement : 0,5% du PIB EU en 2027, 1,5% en 2032, 2,5% en 2040 pour atteindre 5% à maturité. Financé via Euro-Tech Bonds + DST GAFAM + ISOC harmonisée. Précédents : EuroStack, Horizon Europe (95,5 Mds€ sur 2021-2027), programme STEP.
25–30 Mds€/an
Économies de mutualisation défense
Les 27 armées nationales européennes dupliquent des capacités, des achats et de la logistique. Diverses analyses institutionnelles estiment le coût de ces doublons entre 20 et 30 milliards d'euros par an. Une mutualisation des achats d'équipements et de la logistique de soutien ne réduit pas les capacités — elle les augmente pour le même coût, et libère des ressources pour les autres piliers EPCD.
+1 € → +2,4 €
Multiplicateur de l'investissement public
L'investissement public européen dans la formation, la transition énergétique et les infrastructures numériques génère un multiplicateur économique documenté entre 1,5 et 2,4 selon le type d'investissement (FMI, BCE). Un euro investi dans la reconversion professionnelle évite en moyenne 3 à 5 euros de coûts sociaux et d'allocations de longue durée.
2027
Phase 1 — Amorçage
Premiers Euro-Tech Bonds. FIC à 0,5% du PIB EU. Dividende citoyen pour les 50 millions de résidents européens les plus précaires. CBAM élargi en vigueur.
2030
Phase 2 — Déploiement
Dividende universel 150€/mois pour tous les adultes résidents EU. FIC à 1,5% PIB. DST GAFAM harmonisée. Contribution minimale grandes fortunes en vigueur.
2035
Phase 3 — Maturité
Dividende 200-250€/mois. FIC à 2,5% PIB. Semaine de 32h généralisée. Codétermination obligatoire EU. Budget EU à 2-3% du PIB communautaire.
Les arguments qui changent le débat

L'Europe ne manque
pas d'argent.

Ces trois renversements de narration répondent à l'argument systématique "on n'a pas les moyens". Ils ne sont pas des opinions — ils sont documentés.

1
L'UE a un budget de ville, pas de continent
Le budget annuel de l'Union européenne représente environ 185 milliards d'euros, soit 1,07% du PIB communautaire. À titre de comparaison, le budget fédéral américain représente environ 24% du PIB américain. NASA seule dépense davantage que tout le budget scientifique de l'UE. L'Europe se prétend puissance mondiale avec le budget d'une grande ville.
Le problème n'est pas que l'Europe dépense mal. C'est qu'elle a structurellement trop peu de ressources propres pour ses ambitions.
2
L'unanimité fiscale est le verrou principal
L'Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas bloquent toute harmonisation fiscale européenne pour protéger leur avantage compétitif basé sur le dumping fiscal. Ces trois pays ont des taux d'imposition effectifs de 1 à 5% pour les multinationales. La clause passerelle (article 48 TUE) permet de passer à la majorité qualifiée sans révision des traités, via une unanimité unique. C'est le premier déblocage à obtenir.
Ce ne sont pas les ressources qui manquent. C'est la règle d'unanimité qui les bloque.
3
Investir ensemble coûte moins cher à chacun
Les obligations souveraines de l'UE (NextGenerationEU) se financent à des taux inférieurs à ceux de n'importe quel État membre pris individuellement, car la signature collective rassure les marchés. Emprunter ensemble pour financer la souveraineté technologique, la reconversion et l'infrastructure numérique génère un retour économique qui dépasse le coût de la dette sur 10 à 20 ans.
La vraie austérité, c'est refuser d'investir ensemble dans ce qui profite à tous.
Rejoindre le mouvement

L'argent existe. La volonté manque.

WE CITIZENS EU ne promet pas de magie budgétaire. Il propose un changement de priorités : collecter ce qui est dû, conditionner ce qu'on donne, investir ensemble dans ce qui rapporte à tous. Si vous partagez cette vision, rejoignez le mouvement.